Dans ma bulle…

Il est parfois difficile d’expliquer à ceux que l’on aime notre besoin de solitude. La bonne vieille peur de blesser, mais aussi parce que cet aveu est souvent tristement perçu comme un rejet. Probablement parce que nous n’avons pas tous cette nécessité viscérale de se reconnecter avec soi-même, celle-ci semble difficile à comprendre. Pour certains aussi, la solitude est synonyme de malaise. Se retrouver face à soi favorise une introspection qui peut s’avérer angoissante. Moi,  la solitude, ça m’aide à respirer… tout simplement.

Lorsque je n’ai pas cette dose régulière de solitude, j’ai envie d’exploser. Je me sens envahie, irritable et agacée par la présence d’autrui. Et alors, je ressens très fort ce besoin de me terrer dans mon antre, de créer le vide autour de moi pour me blottir confortablement dans ma bulle. Et je fantasme sur une retraite monastique qui me permettrait de plonger une fois pour toutes dans la solitude absolue. Un passage de ma vie où je connecte avec la paix, où je m’offre un temps d’arrêt.

Aussi loin que je peux me rappeler mon enfance, je me revois étendue sur mon lit, dans ma chambre aux murs roses, la tête dans les nuages… à rêvasser, à ne rien faire. Toute seule et heureuse. En ce sens, je crois que le télétravail me va à merveille. Ce n’est pas que je n’aime pas la présence des collègues, mais pour créer, le silence m’est essentiel, mais aussi l’absence d’actions, de bruits de pas, de brouhaha… Suis-je trop facilement déconcentrée? Suis-je devenue sauvage au fil des années? Je crois que j’ai simplement une bulle plus étanche…

Le vide, l’espace, le silence m’inspirent. Ils évoquent la liberté, la possibilité, la création! La solitude, de la même façon, donne une autre dimension à l’espace-temps. Lorsque je suis seule, les heures se définissent autrement. Il ne court plus. Il est au présent. Et rien ne presse lorsque personne ne m’attend. La seule pression qui persiste est celle de ne plus jamais voir autrui. Et c’est cette peur sous-jacente que contient la solitude. C’est le bruit qui nous entoure qui fait exister le silence. C’est la densité des foules qui nous fait reconnaître la solitude. Donc, sans ce mouvement et ce tourbillon social, la solitude n’aurait plus sa valeur.

Et ma bulle éclaterait dans un ouragan de tristesse. Voilà pourquoi je vous aime, mes amis, de ne pas me laisser sombrer dans cette bulle trop profondément, mais de respecter les instants où je me tiens en retrait, le temps de respirer et de me ressourcer. Ne m’en voulez surtout pas, c’est ma façon de mieux vous aimer.

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