Beauté tordue…

Souvent, ce sont les hormones. Parfois c’est une question de stress. Et d’autres fois, c’est juste parce que. Mais, il nous arrive toutes, par un bon matin. de nous river le nez sur le reflet de notre matinal minois et de fondre en larmes parce que la beauté en question n’est pas au rendez-vous. Pas belle à cause d’un teint brouillé. Pas belle à cause d’une sournoise attaque d’acné. Pas belle à cause d’une poussée d’eczéma. Pas belle parce que la balance menace de nous éclater en plein figure. Pas belle parce qu’on vieillit. Pas belle parce qu’on n’a pas les moyens de faire appel au bistouri, au laser ou aux crèmes miracles… Pas belle, tout court. Pas belle du tout. Pas belle, et surtout ce matin-là.

Soupir. Soupir. Et re-soupir, tiens donc! Coup de poing dans le miroir, coup de pied sur la balance. Et on évite du regard le portrait photoshoppé qu’arbore le dernier magazine qu’on a laissé traîner sur la table de chevet en se promettant une bonne dose de shopping pour se consoler de ce coup de blues. Blues, blues… Achetons-nous du bleu, du rêve, un peu de ciel! Voilà donc pourquoi j’aime tant les vernis à ongles. Peu importe la couleur choisie, peu importe le prix du vernis,  il remplit ses promesses. Il ne me promet pas d’être plus belle, ni moins laide, ni moins vieille, ni moins fade. Il brille, point final. Et il est accessible (trop!).

La beauté, comment se mesure-t-elle? Il fût un âge où je lui conférais la valeur des regards masculins. Il fût un autre âge où je la définissais par un chiffre sur la balance. Et aujourd’hui, qu’en est-il de cette si précieuse image? À 40 ans (presque 41), je ressens la beauté comme un état. Sans fard. On se sent ou on ne se sent pas belle. C’est une confiance qui s’installe ou qui trébuche l’espace d’une journée. C’est une poignée de main solide, c’est un sourire sincère, c’est un rayonnement qui éblouit la galerie. Bien au-delà des standards et des tendances.

La raison qui nous pousse à préserver, à cajoler, à chouchouter cette précieuse image de soi est souvent bien ancrée en nous. La petite fille qui s’habille comme une princesse et l’adolescente qui se chamaille avec son spray-net ne sont jamais enfouis bien loin lorsqu’on se retrouve face à  notre miroir.  Et que dire de ces photographies dont nous sommes bombardées à l’ère des médias sociaux?  À se faire identifier sur trop de clichés qui ne nous avantagent guère…. et qui viennent bouleverser l’image mentale que l’on a de soi.

Parce que, je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais à chaque fois que je me vois sur une photo, je ne ressemble tellement pas à l’image que je me fais de moi. Voyons… je ne suis pas grosse comme ça!  Voyons… je ne fais pas cette face-là?  Voyons… j’ai pas de double-menton, moi! C’est la même sensation que lorsque j’entends un enregistrement de ma voix… Le son ne ressemble en rien à ce que j’entends de moi.  Une impression d’irréel, de faux. Qui se joue de moi le plus?  Le miroir, l’appareil-photo, la vidéo ou… mon cerveau?

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