La petite fille qui peint, écrit et chante!

Depuis un an, on dirait que j’ai laissé parler l’enfant en moi. Celle que j’avais jadis troquée pour mes airs de rebelle adolescente. Je lui ai donné le droit d’exister parce que ça fait au moins trente ans qu’elle se tait. Je lui ai dégourdi les doigts et je lui ai remis des pinceaux et des pastels entre les mains. J’ai caché ses ambitions professionnelles et j’ai remis une plume sur son pupitre (pas un clavier, mais un vrai de vrai crayon). J’ai aussi rangé sous clef sa liste d’objections et je lui ai redonné un micro pour faire crier cette voix qu’elle n’aimait pas. Tous ces petits rêves qu’elle caressait au moment où une multitude de chemins s’offraient devant elle, je les lui ai remémorés. Et, depuis cet instant précieux, je me sens revivre.

Je me suis rappelée que j’avais déjà aimé dessiner!  En 5e et en 6e année du primaire, j’avais remporté le concours de dessin annuel de la Caisse Desjardins dans mon école!  J’avais remporté, la première fois, une petite malle remplie de crayons, de feutres et de peinture… Wow!  La deuxième fois, j’avais gagné un petit appareil pour graver le bois. J’étais tellement fière!  Je me rappelle également que, durant nos cours d’arts plastiques, nous avions le mandat de dessiner les personnages d’Astérix pour décorer l’école, parce qu’il s’agissait de la thématique des examens du Ministère. Astérix, Obélix, Panoramix, Falbala… Je n’arrêtais plus de dessiner, par Toutatis!

Je me suis rappelée que j’adorais écrire des histoires!  Je jouais à la maîtresse d’école avec mes cousines Manon et Valérie. Moi et mon amie France, on se concoctait des cahiers d’exercices et on se corrigeait mutuellement. Et, quand c’était la fête d’un ami de ma classe, je lui fabriquais un vrai livre: des feuilles brochées avec une couverture en carton et une histoire originale que je composais moi-même.  J’illustrais mon chef-d’œuvre également. Et que dire de ces poèmes que j’offrais à mon père où j’alignais les rimes… parfois de façon un peu maladroite: « Papa, qui que tu sois, je n’aimerai toujours que toi! »  Il m’en parle encore!  J’étais la poète de la famille!

Je me suis rappelée également que j’aimais imiter Cyndi Lauper devant mon miroir! J’essayais d’imiter à la perfection sa lèvre supérieure grimaçante lorsqu’elle chantait…  et je faisais trembler les tuiles de la cuisine (ma chambre était à l’étage, juste au-dessus de la tête de mes parents!). Je rêvais de chanter comme mon amie Kathie Dubé, dont la voix mélodieuse brillait sur les chansons de Chantal Pary. Je passais des heures et des heures à pratiquer…  J’écoutais les disques de Nicole Martin et j’écrivais les paroles. Écoute, stop, écris. Écoute, stop, écris. Et j’écrivais bel et bien ce que j’entendais… On n’avait pas Google dans ce temps-là pour trouver les vraies paroles de chansons.

J’avais oublié cette petite fille-là, pleine de rêves et de créativité! Elle m’est revenue lorsque j’ai osé m’inscrire à un atelier d’art abstrait. J’ai aussi osé participer à un concours littéraire (et  j’ai remporté le premier prix!). Et, depuis 2-3 ans, je monte à Québec une fois par mois ou aux deux mois pour m’épivarder sur les rythmes alternatif de mon groupe de musique, un groupe dont fait également partie mon frérot (Rich Mellow).  Non, je ne brille pas sur la scène internationale parce que je suis allée au bout de mes rêves. Mais j’ai du plaisir à la tonne! Je peins, j’écris, je chante…  à 40 ans. Je remercie la petite fille de 10 ans d’avoir refait surface dans ma vie. Elle me manquait terriblement et, en passant, mon fils la trouve pas mal cool!

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