Berthier Bérubé: le sculpteur d’histoires

Un bloc, une bûche, une souche. Pour Berthier Bérubé, ils incarnent tous un espace mythique d’où peuvent jaillir des histoires, des navires en bataille, des oiseaux de proie, au gré de son imagination. À chaque pièce, son défi. C’est d’ailleurs son inspiration première : le défi. Se dépasser d’une œuvre à l’autre, peaufiner la technique, mais avant tout, renouveler le plaisir de créer.  Sans plaisir, les œuvres de monsieur Bérubé ne dégageraient pas toute cette énergie, cette force qui leur donne un caractère unique.  Un véritable hommage à la nature dont il nourrit sa vie d’artiste.

Il faut voir ses œuvres pour comprendre leur difficulté d’exécution. Celles-ci sont créés en profondeur avec une succession d’éléments finement travaillés en avant-plan, telles de minces feuilles de bois, et d’autres en arrière-plan qui créent un tableau en effet 3D.  Il faut s’approcher pour examiner la minutie avec laquelle chaque détail est sculpté et le relief de chaque élément. Impressionnant, fascinant et captivant! De la sculpture de haute voltige pour laquelle il a reçu la reconnaissance de ses pairs, un passage essentiel pour atteindre le statut d’artiste professionnel, surtout lorsque l’on est autodidacte. En fait, le sculpteur Berthier Bérubé est un artiste dans l’âme depuis son tout jeune âge où il a rapidement compris que le bois possédait un éventail incroyable de possibilités. Des études dans le domaine de la construction lui ont confirmé sa nature imaginative et sa passion pour la création.

Il s’est donc mis à sculpter des bas-reliefs d’une précision et d’un raffinement incroyables. Pièce par pièce, le bois lui dicte le chemin à suivre pour réaliser ses œuvres. Sa matière première, des essences de bois très variées (merisier, noyer, hêtre, etc.), présente parfois des particularités par lesquelles il se laisse guider. Des nœuds, des pièces qui s’effritent, des zones vides, des racines, des rainures qui transforment cette pièce et lui confère une histoire bien particulière. Comme il le dit si bien: « chaque sculpture a son histoire ». Parfois, il doit également étoffer ses recherches  afin que ses œuvres traduisent le respect qu’il a pour ses sujets et, bien souvent, il impressionne la galerie par sa précision et son souci du détail.  D’ailleurs, chaque oeuvre nécessite un minimum de trois mois de travail. Ce temps est parfois multiplié selon la complexité de la composition ou encore, la solidité du bois (l’hêtre, par exemple). Pour ses roses en bois de cèdre, délicates et raffinées, il lui a fallu 8 ans pour arriver au résultat final. Un travail de moine qui l’amène toujours plus loin dans l’art sculptural.

De nombreux symposiums, des événements artistiques réputés (de Montréal à la Gaspésie) et, bien sûr, de nombreux prix, reconnaissances et mentions jalonnent son parcours artistique. Parmi ceux-ci : le Prix Coup de Cœur Arrmand Vaillancourt lors de la Rencontre des Arts à St-Jean-sur-Richelieu en 2015 (d’ailleurs, monsieur Vaillancourt lui a fait l’honneur de se porter acquéreur d’une de ses œuvres en 2016), le prix du public 1ère position en tant que sculpteur au Symposium International de peinture et sculpture du Saguenay Lac-St-Jean en 2016, le prix du public de l’Académie Internationale des Beaux-Arts du Québec (AIBAQ) en 2014, 2015 et 2016, sans oublier son adhésion à la plateforme Césure (cesure.ca). Il a également reçu un honneur immense qui l’a profondément touché : la plume guide de l’aigle noir remise par le grand-chef, Guy Frigon, de la Confédération des peuples autochtones, un prix en lien avec ses valeurs artistiques et humaines.

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Et, parlant de l’humanisme qui émane de l’artiste, on ne peut parler de Berthier Bérubé sans mentionner son agente (et conjointe) Léonile Caron qui mène, d’une main de maître, avec sa personnalité généreuse et son enthousiasme contagieux, la carrière et les activités de promotion de l’artiste. Leur complicité ainsi que cet amour de l’art et des gens qu’ils partagent tous les deux donnent vie à de nombreux échanges et de belles expériences vécues en symposium. Ces deux êtres dotés d’un entregent indéniable savent semer le bonheur sur leur chemin, quel que soit l’événement où ils nous font l’honneur d’exposer les œuvres impressionnantes du sculpteur.

Lors de ma visite à son atelier situé à St-Arsène, j’ai reçu un accueil immensément chaleureux! J’ai eu le privilège, entre autres, de voir  ses deux oeuvres en cours de réalisation:  un superbe trio de lynx (une ronde-bosse) ainsi qu’un bas-relief inspiré d’une chanson de Raymond Allard intitulée Tracadièche dont le thème est la déportation de 1755. Cette oeuvre puissante traduit l’incertitude et le courage de ces familles acadiennes ayant traversé la Baie-des-Chaleurs pour finalement arriver à Tracadièche. Elle sera exposée à Carleton-sur-Mer à l’été 2017.

Au-delà de la technique et de la quête personnelle de perfectionnement qui animent Berthier Bérubé, le moteur principal de sa création artistique réside dans le plaisir. Le plaisir de jouer avec le bois, de l’écouter, de voir naître une œuvre qu’il élabore au gré de ses émotions, de son imagination, de sa sensibilité artistique.  Mais aussi le plaisir de rencontrer des gens, de leur parler des histoires que racontent ses oeuvres aux côtés de sa merveilleuse Léonile.

Pour en savoir plus, je vous invite à visiter les sites web suivant (en cliquant sur les liens):

 

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2 réflexions au sujet de « Berthier Bérubé: le sculpteur d’histoires »

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